Atelier d'écriture François Bon été 2021

Mes nuits

Mes nuits

Pieds gelés dans les draps humides. La chambre inconnue est devenue hostile dans l’obscurité. Immensité glacée. Je me recroqueville sous l’édredon, le nez froid.

Le tic-tac de l’horloge de la salle à manger résonne au rythme des battements de mon cœur. Sentinelle en éveil. Au son de la plainte scandée qui devient peu à peu murmure affaibli, je sombre.

La mer est étale.  Vrombissements de vagues et de soupirs. Par moment, le ressac nous surprend. Bientôt, le lit nous berce pour abriter nos fièvres.

Dans la pénombre, le papier de la chambre ressemblait-il à du Liberty ? On pouvait deviner de petits motifs à fleurs rose et blanc qui finissaient par s’estomper. A côté, la respiration de ma soeur me rassurait, la nuit venue, et venait rompre le silence assourdissant. 

Le sol se dérobe sous mes pieds et mon corps roule et dégringole. Le vertige me saisit. Mambo. Danse élastique. Je dévale et je tombe de plus en plus bas, de plus en plus loin. Rebond. Je m’évanouis peu à peu avant de disparaître complètement.

Seule. Affolement. Mon cœur bat de plus en plus vite. Terreurs nocturnes. La peur s’annonce et pointe ses griffes. Elle s’amplifie peu à peu et me laisse pantelante. Le corps en sueur.

Seule. Presque rien. N’être plus rien. Le vide comme un désert qui m’assèche. Mon corps est balloté et oscille. Je me noie affolée dans l’onde de la nuit.   

Des éclats de lumière entre les persiennes. Un dimanche matin à la campagne. L’air est frais, promesse d’une journée radieuse. L’engourdissement du sommeil se dissout. Une crampe dans le mollet me réveille.

Sur la moquette, nous dormons enlacés, blottis l’un contre l’autre. Des frissons parcourent mon corps par intermittence. Ultimes échos de désirs passés. Nos fièvres sont tombées.

Lourdeur de mon corps dans le mi-temps du lit. Mal au dos. Commet trouver le bon côté ? Le sommeil tarde à venir. L’air est moite, il fait trop chaud.  

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